vendredi 30 juillet 2010

Une pluie de cartes postales

Pousse pousse chinois, faut pas pousser!

Nous revoilà sur les routes pékinoises avec tout ce que cela implique. Notre matinée commence par une chasse aux taxis lesquels sont souvent occupés ici. Il faut dire que les tarifs sont clairement avantageux.
Une fois le taxi trouvé, il faut encore qu'il comprenne où l'on va , il ne faut donc en aucun cas se séparer de notre petit livre à nous, le routard, qui nous donne la traduction en mandarin.
Nous avons demandé à être déposées à la cité interdite, grave erreur stratégique, car il y a deux entrées et nous voulions celle la plus proche du mausolée de Mao, or comme nous avons beaucoup de chance , nous avons été déposées à l'entrée opposée. Qu'à cela ne tienne , nous étions décidées à contourner le problème mais la marche à pied ne nous séduisant pas trop de si bon matin, nous avons fini par céder aux appels d'un chauffeur de pousse-pousse. Bien mal nous en a pris.
Il faut dire qu'entre temps il était allé chercher du renfort compte tenu de nos célestes postérieurs et nous ne pouvions donc guère refuser devant tant de motivation.
Nous ne savions pas encore que cela amorcerait chez nous quelques minutes plus tard une carrière de Shaolin.
Nous sommes passées par les fameux Hutongs , nous pensions que c'était là une astuce pour s'épargner une route plus difficile, mais non. Les hutongs étant des ruelles typiques où l'on trouve bon nombre de siheyuan, l'habitat traditionnel.
C'était une ruse dans laquelle notre amateurisme s'est précipité. Une fois déposées à l'entrée d'un parc , entrée somme toute relativement isolée, nos charmants chauffeurs nous on réclamé le paiement de la visite des hutongs soit la coquette somme de 900 yuans, contre 10 négociés au départ. Il a fallu en découdre, eux nous poussant , nous les repoussant. Le but était d'atteindre coûte que coûte l'entrée du parc ou des ouvriers s'affairaient. Ça n'a pas été sans mal, nous leur avons laissé les 10 yuans et avons eu le droit à un fuck you. Ah, quand le chinois parle anglais c'est shakespearien. Ce combat de buffles terminé , nous avons pu reprendre nos esprits et constater avec amertume que notre guide du routard était resté dans la carriole avec l'adresse de notre guesthouse à l'intérieur.
Heureusement que nous avions demandé et retenu le numéro de la ligne de bus susceptible de nous y déposer car nous serions encore en train d'errer place Tien 'An men implorant la pitié de chinois indifférents.
Épisode haut en couleur qui nous a donné un petit shoot d'adrénaline et donc le rire a rapidement fait place à la peur. On en rit encore.
En attendant, nous avons fait notre la devise chinoise qui consiste à ne jamais perdre la face, nous sommes restées très calmes contrairement à eux!

Les fans de Mao, ça pousse!

Nous nous sommes ensuite dirigées vers le mausolée de Mao . Une file d'attente de plusieurs centaines de mètres nous y attendait. Les chinois en file indienne , ça a son charme.
Ça pousse, ça bouscule , ça double dans l'indifférence générale car il n'y avait bien que nous pour y trouver une source de mécontentement!
Petit aparté: Si la Chine continue à élever ses enfants comme elle le fait, c'est-à-dire comme des demis dieux qui ont tous les droits et si les files d'attente ne sont plus respectées, la population va rapidement se réguler, car le taux de mortalité par piétinement va devenir monnaie courante!
Ceci étant dit, on a pu constater que Mao avait un fan club impressionnant. Mais la rigueur stalinienne est bien loin.
Les premiers à vous bousculer ont sur le dos des T-shirts Nike , des ensembles léopard du plus bel effet, bref , ils semblent être de purs produits du capitalisme!
La ferveur communiste est singulière. Heureusement que le marteau et la faucille sont là pour nous rappeler où nous sommes car on aurait pu se croire dans une file à Disneyland.
La visite par elle même se fait au pas de course, c'est qu'il s'agirait de pas trainer, Mao n'a pas pris une ride, il a le format dictatorial de rigueur, ce qui signifie que c'est un nain de jardin.
Le décorum est du meilleur goût, tout est fleuri, le visage de Mao est éclaire a la lampe Uv histoire de raviver le teint du bonhomme.
Il vaut mieux que le grand timonier continue à jouer les belles au bois dormant , le baiser du capitalisme le tuerait.


Quand on pousse le bouchon...

La Cité interdite

Notre escale suivante s'est faite dans la cité interdite. Vue d'extérieur , elle est élégante, racée mais presque décevante par rapport au format imaginé. C'est mal connaitre les chinois qui sont tout sauf présomptueux, le faste est gardé pour l'intérieur. La cité semble faite à l'image des habitations traditionnelles chinoises. Toute la beauté est nichée entre quatre murs. Ainsi, dès qu'on pénètre dans la cité s'étale devant nous un enchevêtrement de palais aux noms imagés et on traverse progressivement chacun d'entre eux. Il y a le palais de l'harmonie suprême, celui de l'harmonie préservée, de la pureté céleste, de l'union. Chaque palais avait sa fonction. L'un d'entre eux d'ailleurs servait de vestiaire à l'empereur.
La chaleur accablante, mêlée à la foule , au bruit, à l'incapacité de voir à l'intérieur des palais nous a un peu gâché le plaisir il faut bien le dire.
Maintenant, une fois les jambes et l'esprit reposés , il faut reconnaitre que c'est une splendeur architecturale.
Nous avons trouvé refuge dans les jardins de l'empire comme la moitié de la population chinoise.
Il est difficile d'être seul et au calme en Chine, le chinois voue une passion démesurée aux mégaphones, ils ne parlent pas , ils hurlent, tant et si bien qu'on croit souvent se faire disputer .
La chinoise est fascinante soit elle a une endurance exceptionnelle aux effets de la chaleur soit le culte de la mode prédomine. Ainsi, il n'est pas rare de rencontrer des chinoises perchées sur des talons que Louboutin ne renierait pas et comme la chinoise adore le lycra, la chinoise portent des bas, c'est tellement plus seyant! Pendant ce temps la française dégouline , ressemble à une éponge qu'on presse. A défaut de porter des collants, la française est collante.
La chinoise se farde, elle prend ses faux cils avec elle , la chinoise vise une élégance que la française rejette en bloc. Coco Chanel est loin des capitalistes mais proches des communistes peut-être que ces dames confondent à présent les deux.

Le bus pékinois

Comme convenu hier, il était hors de question d'attendre encore des heures après un taxi. Nous avons donc décidé de nous mettre au bus.
Quelle expérience formidable!
En Chine, tout le monde parle mandarin, quasiment personne ne parle anglais et le langage des signes rencontrent de nombreux problèmes, donc ici quand on comprend pas , y en a pour longtemps. Nous, y a plein de choses qu'on n'a toujours pas comprises et le bus en fait à présent partie.
Ainsi, nous sommes montées dans notre bus qui a refusé de nous vendre des tickets, non parce qu'il ne voulait pas mais parce qu'ici c'est moderne, y a pas de tickets, c'est la carte ou rien.
On ne connaissait pas le nom de notre arrêt ( il était noté dans notre guide mais ne revenons pas sur ce fâcheux incident), là le chinois responsable du bus se met à nous crier dessus, on sourit ( toujours sourire en Chine, ça les désarme, ils adorent ca) , il continue. On lui explique grosso modo où on descend, ça ne l'arrête pas, on comprendra grâce à l'aide d'une demoiselle que ça fait 10 minutes qu'il s'époumone à nous expliquer que l'arrêt désigné n'est pas desservi. On imagine très bien un chauffeur de bus français s'agitant pareillement juste pour nous économiser quelques pas! Moralité quand le chinois crie c'est pas forcément sur nous, c'est contre la situation. Le chinois crie aussi quand il aide. Son regard désespéré aurait dû nous mettre la puce à l'oreille , il ne manquait que les larmes. Le pauvre.
Nous sommes arrivées à bon port, et nous nous apprêtons comme chaque jour à aller diner. Il est 17h30 ici quand même, une soupe et au lit, la Chine c'est épuisant et c'est peu de le dire. On va se délecter de spring rolls frits, on pourrait les prendre à la vapeur mais à raison de 4 heures de marche par jour au minimum il s'agirait de ne pas perdre de forces!
D'autant que demain, c'est pas une tranche de rêve qu'on s'offre, c'est le gâteau tout entier, car nous allons à la grande muraille, vous savez, les briquettes qu'on voit de la lune?

Ps 1: C'est décidé maintenant on prend le bus tout le temps, c'est gratuit quand on est neuneu!!!

Ps 2: Bravo à Marie et Mouss continue à cultiver ta part féminine mais la tienne!

Ps 3: Bisous à tous ceux qui cherchent encore comment on fait pour laisser un commentaire, vous bilez pas il reste plus de 15 jours!

De la part de Géraldine:
Un très grand merci à Séverine, Jojo, Maman et Papa pour leur commentaire reçu par mail. Je suis fière de vous et ça fait chaud au cœur.
Je vous embrasse bien fort et vous dis à bientôt.

5 commentaires:

  1. Bonsoir les fifilles.
    J'ai l'impression que la Chine vous fait de fortes impressions ! Il vous arrive des aventures chaque jour et la zénitude n'est pas au programme comme c'était plutôt le cas l'an passé.
    le pays est-il beaucoup plus surprenant que l'Inde ? L'obstacle de la langue (sauf pour les pousse-pousse !)complique-t-il la situation ?
    En tout cas nous on a plus d'une fois envie de rire en vous lisant. Vous devez valoir le coup d'être vue par moment. Enfin nous sommes totalement rassurés lorsque nous voyons combien vous n'êtes pas prêtes à vous faire prendre pour...des touristes, lors des transports.
    Je suppose que vous prenez des photos, nous en profiterons lorsque vous rentrerez.
    Ici tout va toujours bien. Nous avons adopté le rythme vacances et nous nous laissons porter par les jours. Demain nous reprenons notre itinéraire impressionniste. Les dessins de Degas au musée Malraux ne doivent pas être mal. Bon on n'étouffe pas sous la chaleur mais il ne pleut pas.
    Après ces considérations météorologiques je vous quitte en vous disant bonsoir et à demain.
    Bisous, bisous. Monique et Yvon

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  2. Petit coucou de boos où nous suivons attentivement vos aventures pékinoises qui ont l'air quelques peu mouvementées mais somme toute très intéressantes.

    Continuez de nous faire rêvez par vos récits.
    Des frites!!!!! Vous n'étiez pas censés manger que du riz ??

    Gros bisous à toutes les trois

    Elina : tata j'espère que tu ne vas pas manger trop de riz.

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  3. Salut les filles, comme vous le constaterez j'ai règlé le problème et suis maintenant une pro. Je ne sais si je me fais des idées mais vous donnez l'impression d'être en terrain hostile, la zénitude des chinois ne serait-elle qu'un mythe? En tous cas je continue de vous lire avec curiosité et j'ai hâte de lire votre visite à la grance muraille! Ici, nous sommes passés en mode vacances enfin pas tout à fait, nous partons lundi pour amener Arnaud à son nouvel appartement et le laisser tout seul dans cette grande ville ou il ne connait personne !! Voilà les news! Je vous embrasse , à bientôt !

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  4. Pardon, la grande ville c'est Lyon biensur !!!
    Bisous, éclatez vous bien !!!

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  5. Désolé de m'être fait passer pour une petite chinoise mais pour rappel à Géraldine c'est à cause de ta grande gentillesse que je peux suivre vos pérégrinations, donc j'étais connecté avec ton login, mais je crois que le neuneu a réussi à faire ce qu'il pour apparaître en tant que mouss et plus en china girl!!!
    Vu vos description de chaleur en effet je suis content d'être au hav !!!
    J'ai chaud rien qu'à lire ...

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