Nous avions la possibilité d'aller à Simatai mais la perspective d'une côte à 70% qu'il faut grimper sur les genoux ne nous a guère enchantées.
La muraille étant environ à 80 km de Pékin, c'est en minibus que nous nous y sommes rendues, ce qui nous a permis de traverser la campagne aux alentours. Nous y avons retrouvé des ambiances plus authentiques. C'est un autre visage de la Chine bien éloigné du mur de buildings qui sortent de terre chaque jour qui nous a été donné à voir.
Arrivées aux pieds de la montagne, nous avons emprunté un télésiège pour pouvoir accéder au tronçon. Le spectacle était déjà époustouflant car nous surplombions la vallée.

L'enchantement s'est alors mis en route.
Puis elle est apparue,là, devant nos yeux ébahis.
La muraille de Chine est un serpent de pierre qui danse sur un parterre végétal où les arbres fruitiers semblent s'être donné rendez vous.
Par endroits, on peut y respirer l'odeur du jasmin . De téméraires écureuils s'y aventurent et c'est un repaire pour libellules.
A cette heure de la journée, on peut escalader le dédale de marches dans un silence monacal , il y règne une atmosphère apaisante.

La muraille étant pudique , elle s'était cachée derrière un rideau de brume bien vite dissipée quand elle a été mise en confiance.
Notre ascension s'est faite dans le calme jusqu'à l'arrivée du touriste chinois qui n'est plus à définir.
Nous avons traversé une à une les tours de garde, jusqu'à la quatorzième qui date de 1404 pour la version achevée.
Le spectacle est magnifique.
Pour l'anecdote, il faut savoir que la muraille est longue de plusieurs milliers de kilomètres et large de 4 a 5 mètres . De savants calculs ont permis d'établir que l'ensemble des matériaux pourrait permettre la construction d'un mur d'un mètre de large et cinq mètres de hauteur tout autour de la Terre.
La muraille n'a jamais permis d'éviter les invasions par contre elle s'est avérée fort efficace dans le passage de marchandises entre des régions distantes.
Là encore , nous avions sous les yeux une prouesse architecturale. La muraille ne nous a pas déçues d'autant que les conditions de notre visite étaient optimales.

Les trois petites chinoises

La tête chercheuse

Fou rire, Géraldine a manqué de se vautrer


Le chinois sachant parfaitement allier beauté, culture et amusement, c'est en luge et sur un toboggan que nous avons regagné le pied de la montagne, non sans avoir parcouru à pieds une bonne portion de muraille.
C'est alors que nous sommes allées déjeuner dans un restaurant chinois et là ce fut une révélation gustative. Qui n'a pas mangé chinois en Chine n'a jamais mangé chinois. C'est un pur délice, chaque bouchée est un moment de bonheur qui éclate dans le palais et comme ici tout est en abondance on n'a jamais pu terminer et ce malgré nos efforts conjoints.

Délices suprêmes!
Il faut bien entendu aimer les saveurs sucrées salées mais comme c'est notre cas , abandonnez nous là et nous ouvrirons prochainement notre école pour sumo chinois.
Cette journée a été un ravissement à tous les points de vue, même la météo a été plus clémente en nous offrant une puissante brise et quelques gouttes de pluie fort rafraichissantes.
Oubliée la souffrance de la montée.
Oubliée la difficulté à se faire comprendre , à lire le mandarin qui lui aussi a des polices différentes et se rend donc difficile pour les néophytes que nous sommes.
Oubliée les petits désagréments , la Chine nous a conquises.
Mao Zedong disait "il n'est pas de bon chinois qui n'ait marché sur la Grande Muraille ".
Nous voilà donc à partir d'aujourd'hui de vraies chinoises. Nous avons toutefois encore des efforts à faire car la chinoise escalade la muraille perchée sur ses talons aiguilles elle. Vous avouerez qu'il y a une culture de la souffrance pédestre. Ils ne sont pas loin les bandages qui enserraient leurs pieds pour les rendre plus délicats. Les nôtres s'épanouissent toujours autant dans nos chaussures respectives, quel achat salutaire nous avons fait là!
Demain nous partons plus au nord vers la Mongolie, nous nous rendons dans ce que l'on peut qualifier de village à l'échelle de la Chine. Ce sera le temps d'un week-end et nous serons de retour dans la capitale.
Premier voyage en train, on a hâte! La Chine commence à s'offrir à nous dans toute sa pluralité et ça fait du bien.
Le chinois aussi s'offre à nous, ce matin un vieux monsieur qui pédalait sur son vélo le sourire accroché au visage nous a permis de constater que l'anatomie chinoise n'avait pas à rougir. Que voulez vous de pareilles beautés, ça donne envie d'exposer ses bijoux de famille!
PS 1: la conduite ici est purement asiatique, elle n'est pas sans rappeler l'originalité indienne en pire. Par ailleurs les voitures tombent en panne régulièrement, nous n'avions jamais vu autant de voitures en arrêt sur la bande prévue à cet effet.
PS 2 ??une routarde sachant router ne partant jamais sans parer à toutes les éventualités, nous avions bien sûr anticipé la possible disparition de notre guide c'est pourquoi nous avions également embarqué le petit futé et comme une routarde doit être pleine de ressources, nous avons "emprunté" pour une durée indéterminée le Lonely de la guesthouse, que voulez vous on a l'instinct de survie ou on l'a pas .
PS 3 : nous sommes passées devant la cité olympique et avons pu observer le fameux nid d'abeille . Le goût du miel est amer car on ne peut que penser aux centaines de hutongs sacrifiés sur l'autel de l'ambition chinoise.

Chinois des banlieues
PS 4 : petit mot de remerciement à l'adresse du peuple chinois. Il parait en effet difficile de trouver un peuple aussi serviable et patient, car vous ne pouvez vous imaginer ô combien leur aide nous est précieuse. Ils traduisent, recopient, téléphonent, cherchent des solutions. Ils ont une rigueur touchante . Alors oui, ils crient, ils s'exhibent, n'ont aucun talent pour la langue des signes mais ce sont là de moindres maux.





